Politique d’abord ?

24 novembre 2007

10-31-2007

Me voilà bien surpris ! Qu’un roman policier sur trame de passions amoureuses déclenche en premier lieu un feu nourri sur les politiciens, serait-ce le signe que, sans le savoir, Maurras aurait raison avec son “politique d’abord” ou tout simplement que vous n’en êtes encore qu’au début de l’histoire ?

Quand bien même, je constate que les rapports de la politique et de la morale continuent de passionner les esprits. A donc dit vrai celui qui a écrit : “Les hommes ont ceci en commun, ils se rencontrent là où la politique les divise”.

Où la réalité rejoint la fiction

23 novembre 2007

C’est avec une extrême émotion que je vous livre cette lettre reçue le 12 novembre 2007. J’ai pris dix jours de réflexion et de contacts avec l’intéressée avant de m’y décider, tant cela m’a paru délicat. Vous en jugerez vous-mêmes.

Monsieur, 

Femme de cabaret à Paris – strip-teaseuse et entraîneuse – je ne sais pas écrire et je vous demande d’être indulgent pour mes fautes. Mon ami m’a passé votre livre en m’assurant qu’il me plairait parce que, d’une certaine manière, il parlait de nous. La couverture m’a plu tout de suite, mais le nombre de pages m’a effrayée ! Le début était dur, mais, à partir du meurtre, je n’ai pas pu m’arrêter. Vous allez comprendre pourquoi. 

C’est que ce qui est arrivé à Jennifer m’est arrivé. Comme elle, j’ai souffert chaque soir des regards et des avances de ceux qui nous matent comme une marchandise et qui croient qu’avec de l’argent on peut tout acheter. Mais ça fait partie du métier. En décembre 2000, j’ai rencontré moi aussi un homme « aux cheveux argentés », « cultivé et galant ». Je me suis montrée, bien plus longtemps que votre personnage, réticente et prudemment réservée. C’est que moi-même je le regardais comme un « client » plein aux as. Peu à peu je me suis rendu compte de sa solitude, mais beaucoup d’hommes qui viennent ici me disent la même chose. Mais lui, il avait l’air sincère, j’ai eu pitié et ça me l’a rendu sympathique. Vous dites que les femmes sont comme ça : c’est bien vrai ; ce doit être le sentiment maternel. Alors – c’est venu comme ça   j’ai eu le désir secret de lui plaire par moi-même en laissant tomber les subterfuges du métier. A partir de ce moment, je l’ai regardé autrement et tout ce qu’il me disait s’est transformé en « musique des mots », comme pour Jennifer. Pendant qu’il me parlait, j’étais suspendue à ses lèvres et j’avais toujours envie de l’embrasser. J’ai senti alors que j’étais attirée par lui et je me suis traitée de folle. Mais j’ai fini par y croire, malgré tout ce que me disaient les copines. Mon cœur à moi aussi s’est mis à danser et, une nuit, je suis tombée dans ses bras. 

Nous sommes toujours ensemble, sans que j’aie renoncé à mon métier ni lui à sa femme. Je ne crois pas que je me contente des « apparences », comme l’aurait accepté Helen pour vivre avec Michael, parce que j’ai la conviction d’être aimée pour moi-même, « comme une personne » qui a sa dignité malgré son passé et son métier. J’ai ma place auprès de lui et je suis assez réaliste pour m’en contenter. Jamais je n’aurais pu rêver cela : « qu’un homme de cette classe, de cet âge, de cette importance jette les yeux sur elle, strip-teaseuse de cabaret ». Vous savez, c’est tout votre chapitre que je devrais recopier pour raconter mon histoire. L’impression « d’être lavée de toute souillure », d’être enfin  « respectable », et surtout cette joie formidable, que j’ai toujours, « d’être aimée », moi, pauvre fille (même si je suis bien roulée). Vous dites que « chaque personne a une valeur unique » : c’est ça qu’il m’a fait comprendre en restant avec moi, mieux qu’avec des discours.

Votre livre m’a fait pleurer et en même temps il m’a fait du bien. Et c’est pour ça que je vous ai écrit : si vous le publiez, je vous demande de mettre mon texte en bon français, mais sans dire mon nom. J’espère que ça servira à d’autres. Encore merci pour ces belles pages qui m’ont très émue.

Vicky

Un roman noir haut en couleur

7 août 2007

    AIMER… et Mourir                         

            de Roger Lamblin   

                   un policier à mettre en film !

 

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Parmi les polars parus ces temps derniers, celui de Roger Lamblin, « Aimer… et mourir », paru aux Editions Amalthée, s’impose par ses nombreuses qualités, dont la moindre n’est certainement pas l’excellence de son écriture.  

Une peinture réaliste   

La toile de fond de l’histoire peint une société très british, en apparence policée, d’où émergent, sur fond de réalités économiques bien réelles, les remugles de calculs politiques, de pressions médiatiques, de menées mafieuses et de spéculations immobilières. Le problème du réchauffement planétaire et de ses conséquences sur la montée des eaux justifie parfaitement le choix des lieux : les bords de la Tamise. On sent derrière une documentation fouillée. 

Une mise à nu des coeurs 

Mais ce qui l’emporte, c’est le côté romanesque. L’imagination est assurément une qualité majeure de cet auteur qui, en plongeant dans les passions telles que l’ambition, la jalousie et la violence érotique, tisse avec justesse des rapports humains profonds et émouvants. Comme le disent le titre et le graphisme symbolique de la couverture, l’amour et la mort se mêlent inextricablement et de façon tragique dans les cœurs comme dans l’intrigue. Les personnages y apparaissent comme des êtres partagés, déchirés par leurs contradictions, et par là même à l’image de chacun de nous. 

Une intrigue en dominos 

Servie par une construction rigoureuse, l’intrigue y est conçue comme un engrenage fatal qui n’est pas sans rappeler les drames raciniens ou L’Etranger de Camus : il suffit d’un impondérable, si ténu qu’il en paraît le fruit du hasard, pour que tout bascule inéluctablement, tels des dominos entraînés dans leur chute réciproque par une simple pichenette. Cet instant fatal, qui ponctue le drame, donne l’impression d’un destin auquel personne ne peut échapper, une fois l’engrenage enclenché. 

Un style brillant  

Mais, ce qui distingue ce policier, c’est à l’évidence la qualité de son style : la langue est sans conteste l’atout maître de l’auteur. Un vocabulaire foisonnant, des procédés rhétoriques variés, des termes choisis pour leur nuance et leur exactitude. Ce qui s’adresse à l’intelligence est clair, net et précis ; ce qui touche aux sentiments est parcouru de frémissements parfois douloureux ; l’érotisme y garde sa charge charnelle sans tomber dans la complaisance ; l’introspection se livre dans un style indirect où s’enchâsse naturellement un subjonctif imparfait si oublié ; la philosophie qui s’en dégage pose le problème des limites de notre liberté et de notre responsabilité ; et, en bien des passages, la prose se fait poétique et porteuse de symboles. Bref, du must !  

Un scénario à mettre en film 

De surcroît ce policier ferait un excellent film. Paysages variés : bords de la Tamise et collines verdoyantes du Kent, architecture victorienne et cottage campagnard, séquence de plage aux falaises crayeuses et de ferry pour la mer ; face à face télévisé et campagne d’élections ; spectacles de cabaret et de strip-tease dont la chorégraphie inventive n’attend plus que ses danseuses ; fusillades, poursuites et descente en hélico ; assassinat de dealer et chantage ; le tout épicé de nombreuses scènes chaudes…  avec quatre super nanas ! Les dialogues, très travaillés, ne sont plus à faire et le découpage en dix jours est tout prêt ! 

Une mine d’analyses 

Ce roman policier, qui sort du lot, a tout pour lui : suspense, émotion, couleur, et surtout une écriture soignée ! Pour s’en convaincre, il n’est que de lire les analyses et les commentaires enthousiastes des lecteurs sur aimeretmourir.unblog.fr : ça vole haut !  

                  

                                 8 ans     

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