• Accueil
  • > Archives pour février 2013

Archive pour février 2013

Politique de la main tendue ou comment être cocu

Mardi 19 février 2013

Politique de la main tendue ou comment être cocu main_tendue_tournee-300x199 p.560

 Il avait compris ce qu’on appelait la politique de la main tendue…

Par opposition au poing fermé, bras gauche tendu à la Lénine, qui dit la colère, la révolte et la détermination à se battre, la main tendue, préliminaire avant de se serrer la main alors que l’on se trouve dans une relation d’hostilité ou de méfiance, manifeste une intention de détente, de dégel, de décrispation… C’est un geste de réconciliation, en vue d’une coopération mano a mano.

Pour ceux qui prônent la politique de la main tendue, il faut savoir enterrer la hache de guerre, négocier les virages, regarder l’avenir et faire table rase du passé pour écrire, à deux mains, une nouvelle page, manifester sa bonne volonté et faire des concessions, en multipliant les gestes conciliants, dans l’espoir d’obtenir un apaisement dans l’affrontement. Au nom d’une démocratie pluraliste, ils considèrent que les clivages anciens appartiennent à une autre époque et qu’il faut faire bouger les lignes, que tôt ou tard la politique de la main tendue et d’ouverture permettra le remplacement du combat par le débat.

En France, prônée surtout pour des raisons de tactique électorale, on se souviendra de la main tendue de G. Marchais aux hommes appelés à devenir des compagnons de route, ou de Mitterrand au PCF. Plus récemment on citerait la main tendue de Sarkozy et de Hollande à Bayrou, celle de Bayrou à la gauche, puis à Borloo, celle de Royal allant jusqu’aux gaullistes, de Martine à Ségolène, de Copé aux « dissidents » UMP, la liste est interminable. Dans le monde, celle tous azimuts d’Obama à l’égard de l’Iran, de la Syrie, de la Russie, de Cuba, des musulmans au Caire, celle de Kim Jong I à la Corée du Sud, celle des instances internationales aux talibans dits modérés, celle des islamistes du Caire ou de Tunis, ou en Afrique noire où chaque protagoniste jure de tendre la main aux opposants, main tendue évidemment ─ en France comme ailleurs ─ dans le respect des différences !

Mais tout le monde sait que, par nature, cette proposition est chargée d’arrière-pensées et d’ambiguïtés, qu’au-delà des belles paroles, qui ont souvent une fâcheuse tendance à s’envoler, la politique de la main tendue s’avère être la « politique du piège tendu », l’un des deux se retrouvant la plupart du temps berné, mené en bateau, roulé dans la farine, comme Chamberlain croyant à l’accord de Munich.

C’est en outre une technique du débauchage, une manière de semer la zizanie dans le camp adverse, forcé de faire un choix et de paraître soit transfuge, mal vu des deux camps, soit responsable d’avance du refus de saisir cette offre « généreuse, courageuse et rassembleuse ». Comme on l’a écrit : « La politique de la main tendue est l’autre nom du râteau qu’on se prend dans la figure », quand ce n’est pas « une gifle » donnée à celui à qui elle s’adresse ! Un homme politique a répondu il n’y a pas si longtemps : « J’ai déjà donné, je ne veux plus être cocu ! » Dans notre roman, Peter Bradley, l’adjoint au maire, en fait l’expérience, jurant qu’on ne l’y prendrait plus, ayant compris ce qu’on appelait la politique de la main tendue…. en attendant qu’on vous lâche !