Archive pour août 2009

L’imagination captivante (1)

Jeudi 20 août 2009

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Que demande-t-on à un romancier si ce n’est d’abord de l’imagination et un talent propre à lancer à son tour le lecteur dans un imaginaire, merveilleux ou hallucinant, où se reflétera cependant la réalité quotidienne qui fait son expérience ? Car « le réel et l’imaginaire forment un tout indissociable », nous le savons. 

Si, comme le dit Shakespeare dans La Tempête, « Le fou, l’amoureux et le poète sont tous faits d’imagination », alors nous sommes tous un peu chacun d’eux. D’abord parce qu’elle est, selon Roger Fournier, « la meilleure compagnie de transport au monde » et, ajouterons-nous, la moins cher. Ensuite, parce que, pour supporter monotonie, platitude ou désillusion, elle nous aide à « hausser le réel d’un ton » (Bachelard) et à combler tout ce qui nous semble manquer au réel. Enfin parce qu’elle se plie sur mesure à nos désirs, car  « elle n’est rien d’autre qu’une mémoire dilatée et composée » qui se nourrit de notre passé. 

En ce sens, Einstein a raison : « L’imagination est plus importante que le savoir ». Il y a même là, comme l’a noté Russel, une manière de « révélation du Moi à lui-même ». Je vous laisse donc à votre imagination en espérant que Aimer… et mourir sera un bon tremplin. 

A l’image des lecteurs

Samedi 1 août 2009

 Sans doute a-t-on pu écrire : « Les auteurs, il vaut mieux ne jamais les connaître parce que leur personne réelle ne correspond jamais à l’image qu’on se fait d’eux en les lisant ». Il en va ainsi de chacun d’entre nous et le blog n’échappe pas à l’image qu’on se fait de lui : passionnant ou fastidieux, provocateur ou trop traditionnel, sincère à n’en pas douter.

De vos commentaires, qui  ne cessent d’arriver : ce qui montre une vitalité dont je suis le premier surpris ! et auxquels j’essaie de donner une certaine unité en les regroupant par centres d’intérêt, se dégage en ce moment le thème de l’image dont vous soulignez l’importance dans la vie émotionnelle. Nous ne sommes pas loin de la séduction, laquelle, dites-vous, joue sur notre psychisme un rôle déterminant, souvent davantage que notre exigence rationnelle. 

Les moralistes ont depuis longtemps affirmé que « nous ne sommes pas autre chose que l’image que nous donnons de nous-mêmes », que l’homme « s’enfarine la figure » pour paraître et que nombreux sont les gens « qui n’ont que la façade ». Aussi comprenons-nous pourquoi il est iconoclaste et « devient agressif lorsqu’il est déçu par l’image que les autres lui renvoient ou par celle qu’il se fait de lui-même ».

Depuis près d’un mois, je n’ai guère alimenté ce blog : c’est qu’un écrivain est généralement plus occupé à la rédaction d’un nouvel ouvrage qu’à revenir sur un ancien, paru il y aura bientôt deux ans. Et comme il n’en est pas moins homme, il est dans le même temps sollicité par la vie extérieure. Mais je vous donne rendez-vous cette semaine aux commentaires, dans lesquels chacun retrouvera ses idées sinon le mot à mot de ses réflexions, sous l’article d’accueil du blog : à la 28ème page déjà ! Espérons que l’image du blog en sera ranimée à défaut d’être redorée.