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Archive pour février 2009

Séduction et intrigue

Jeudi 12 février 2009

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Plaire. C’était la règle des règles pour Molière : cela a toujours été vrai. Il n’est que de se rappeler Le Séducteur au Jardin de l’Eden. Puis ce fut le jeu de dominos bien connu : Eve se fit à son tour séductrice : il en est resté une image indélébile de la femme ! A croire que le mot de séduction est un de ses synonymes ! 

L’intrigue de notre roman commence par un plan de séduction ourdi par une femme et exécuté par une autre. A la première rencontre George est séduit par l’élégance, le piquant et la retenue pudique de Cathy. Elle n’a laissé qu’entrevoir ses charmes, mais elle n’a pas quitté le bureau qu’il est sous le charme. Et comme les femmes ont des antennes, Lisbeth, la secrétaire et maîtresse, l’a immédiatement senti, et pas seulement à cause de l’odeur de violette ! 

Au dîner qui suit l’entrevue, le jeu de la séduction se déroule comme un ballet : des prévenances où se lit un certain empressement, des mouvements gracieux habilement mis en valeur par une robe au tissu léger qui épouse une ligne svelte, sans oublier l’arme secrète et imparable, le rire féminin aux allures de roucoulement. George ne la quitte pas des yeux : on devine, aux réactions du mari, un chassé-croisé de regards dont la discrétion même laisse transparaître une certaine complicité. 

Arrêtons-nous là pour ne pas, comme dit George qu’enflamme le désir de conquête, « déflorer par avance » la suite. Regards, silhouette, gestuelle, postures, rire, avec quelques ingrédients comme un décolleté, des gants, un chapeau, du parfum : tout se joue dans la première impression et dans un savoir-faire qui, aussitôt la touche réalisée, ferre le poisson et lui donne du mou pour le laisser « libre » de croire, en frétillant, qu’il peut déployer à son tour sa propre stratégie. 

Mais les lecteurs de romans policiers le savent pertinemment, tout est joué d’avance : les ficelles se tirent en coulisses !  Après quelques faux-fuyants, le poisson finit toujours dans l’épuisette.