• Accueil
  • > Archives pour janvier 2009

Archive pour janvier 2009

La vie : un roman à suspense !

Jeudi 22 janvier 2009

 lignebrise.jpg

Les amateurs de romans policiers habitués à lire la réalité derrière la fiction le savent : la vie est une énigme ; notre vie un roman – qu’on aimerait passionnant ! Pour eux, le suspense n’a pas qu’un intérêt dramatique : il est aussi le symbole de la vie. Qu’il s’agisse de la réalisation de notre destin ou de l’élaboration de notre personnalité, celles-ci se déploient en ligne brisée, comme une construction en perpétuelle évolution.

De même en effet qu’une énigme se développe selon une courbe progressive faite de ruptures, et que la lumière ne se fait que peu à peu selon un processus de tâtonnements, de même une personnalité s’élabore dans le temps, par étapes, avec des hauts et des bas. Comme pour la fin d’un chapitre, chaque point d’arrivée représente un aboutissement, parfois non achevé, en même temps qu’une préparation au stade suivant.    

« Fatalement », à chaque noeud de ce processus, qui s’apparente à une crise de croissance, s’affrontent des forces antagonistes : de la même façon que l’inspecteur, et donc le lecteur, doit réadapter son hypothèse à chaque nouvelle donne, dans la vie chaque homme – dont les personnages sont des doubles – se voit déstabilisé par un incident de parcours et mis devant des choix qui n’attendent pas : les fameux « carrefours ». Vite il doit se remettre en cause et retrouver un nouvel équilibre.

Or tout choix se traduit par un renoncement à ce qui était et une adhésion ou un refus à ce qui se profile. Quitter un stade pour un autre engendre toujours un sentiment d’insécurité, qui va de la crainte jusque parfois à l’angoisse, mais ce peut être aussi l’occasion d’un nouvel enthousiasme et parfois d’un coup de « folie » : sentiments qui constituent le fond du suspense.

Ainsi, tout au long du développement de notre vie, nous suivons – comme les personnages et comme l’intrigue – un itinéraire fait de replis et d’offensives, qui sont les signes à la fois contradictoires et concomitants du combat qu’impose la vie.

L’éternel féminin

Lundi 12 janvier 2009

ternelfminin.jpg 

Toute révérence gardée à Goethe, la structure psychique de la femme ne consiste pas exclusivement dans « l’éternel féminin ». Autour de ce centre existent des enveloppes qui sont elles aussi des éléments authentiques de la femme, même si on leur trouve un aspect masculin.

Je sais que les professeurs apprécient peu que des problèmes de cœur viennent parasiter les études : ils aimeraient bien n’avoir affaire qu’à des intelligences dégagées de toute sentimentalité, qui fonctionnent par concepts clairs, nets et distincts et par enchaînement discursif cartésien.

En éliminant la vie affective comme perturbatrice, ils enrichissent certes l’intellect et la façon de comprendre objectivement la vie, mais aux dépens, chez les femmes en particulier, des qualités subjectives, émotives et intuitives dont ils méconnaissent les apports. En réalité, c’est dans une communion pacifiée avec elle-même que la femme s’ouvre au monde et le comprend, sans la multitude des médiations enseignées comme seuls outils de saisie et de maîtrise du monde.

Il est bien dommageable à mon sens que l’éducation scolaire, du moment qu’elle a forcé à la mixité, ait donné comme modèle aux filles les qualités propres davantage aux garçons, les rendant « rationnelles », « objectives », « impassibles », négligeant de la sorte – dans un climat technicien, matérialiste et scientifique – la richesse émotive, l’intuition divinatrice, la sensibilité de perception proprement féminines. Y perdent aussi tous ces garçons doués pour les arts et ceux dont la profession requerra la compréhension psychologique d’autrui.

Mais je ne voudrais pas par ces « réformes » provoquer la grève des commentateurs !