« Aimer… et Mourir » avec Cocteau

 cocteau1.jpg

« Outre que les mots signifient, ils jouissent d’une vertu magique, d’un pouvoir de charmes, d’une faculté d’hypnose, d’un fluide qui opère en dehors du sens qu’ils possèdent » 

Comment mieux exprimer que Jean Cocteau la puissance étrange des mots, lui qui se définissait essentiellement comme un poète, mais qui fut tout à la fois romancier, homme de théâtre et de cinéma, peintre et dessinateur ?

Comment également mieux illustrer notre avertissement au lecteur sur « la vérité qui se cache derrière le mentir-vrai  de la fiction » que par ce paradoxe par lequel se présente à nous l’auteur de Thomas l’Imposteur ou du Grand Ecart : « Comprenne qui pourra : je suis un menteur qui dit toujours la vérité » ?

Avec Cocteau, ne sommes-nous pas au cœur de notre roman policier ? où chaque indice apparemment probant est travesti, mais où chaque mensonge est plus révélateur que la simple vérité ; où dans les miroirs se confondent réalité et reflet, illusoire et vrai ; où le symbole du bandeau sur les yeux est aussi bien masque que révélation ; où les personnages, pris dans une Machine infernale, sont happés par des forces redoutables, comme si rien « ne prévalait contre un ordre du destin » ; où, comme dans Orphée, l’amour semble impossible, sauf peut-être au-delà du temps et de l’espace ; où enfin chaque personnage fait l’expérience des fatales conséquences du pouvoir magique de la parole ?

Autour du sapin, je vous donne donc avec lui « Rendez-vous derrière l’arbre à songe » 

2 Réponses à “« Aimer… et Mourir » avec Cocteau”

  1. Isabelle dit :

    Sapin de Noël et arbre à songe
    Merci de ces voeux emplis de réminiscences littéraires : quel plaisir de voir relier le genre policier, souvent regardé avec dédain, et l’enchanteur qu’a été Cocteau !
    Et puisque le symbole a été à l’honneur parmi les commentateurs, j’irai de mon couplet à propos de « l’arbre à songe ».
    De même que les racines de l’arbre fouillent les profondeurs souterraines où elles se nourrissent, de même votre roman va chercher sa sève au fond des coeurs et jusque dans l’inconscient. Comme les premières branches couvrent la surface de la terre, votre histoire s’étend au monde ambiant où se recoupent problèmes de la montée des eaux, intérêts poliques et industriels ou tout simplement vie quotidienne en ville, au cottage ou sur les bords de la Tamise. Quant à la cime qui va chercher la lumière jusqu’au ciel, elle m’évoque le ciel de l’âme de Cathy , la régénérescence de Jennifer et la rédemption offerte à Helen. Voilà à quoi j’ai « songé » à la lecture de votre article.
    Encore merci et bonne année 2009.
    Isabelle

  2. Jean-Claude dit :

    Chère Isabelle, comme elle l’aime ce roman ! On la croirait « songeant » au pied de l’arbre de la Boddhi sous lequel le Bouddha atteignit l’illumination… et dont, selon une inscription d’Angkor, les racines sont Brahmâ, le tronc Çiva et les branches Vishnu.
    Tous mes vœux l’accompagnent dans sa quête jamais épuisée de l’ivresse littéraire.
    Un fan de ce blog qui lui souhaite bonne année.
    Jean-Claude

Laisser un commentaire