Symbole et polar

 dominos1.jpg

Les familiers de ce blog le savent : les dominos de la vignette sont le symbole du destin, du déterminisme, de l’enchaînement fatal des événements – la fameuse « concaténation » – et l’illustration parlante d’une intrigue policière. 

Le symbole, par nature, signifie plus que le mot ne dit et réunit les extrêmes dans une même vision, comme une monnaie réunit ses deux faces. Il échappe ainsi à toute définition : un peu comme les indices d’un roman policier susceptibles de multiples hypothèses ! 

Vous voilà devant un mot : il a un sens établi et évident, une apparence figée et qui, normalement, veut dire ce qu’il veut dire ! Mais vous flairez en lui un je ne sais quoi de caché qui cependant a révélé sa présence. Intuition ?  

 Intrigué, vous vous interrogez. Comme l’ordinateur intérieur de Peterson, votre inconscient fait des rapprochements, établit des associations d’images. Las, la réalité qu’il évoque est fugitive, insaisissable, grosse de mystère. Il semble qu’il y ait toujours un au-delà à chaque au-delà. 

A peine le mot nous a-t-il livré l’existence de sa portée symbolique que celle-ci nous échappe : c’est que, à l’instar du symbole lui-même, il révèle en voilant et voile en dévoilant. Tout comme un polar, vous disais-je ! 

2 Réponses à “Symbole et polar”

  1. Valentine dit :

    Le symbole et sa dynamique
    Pour le lecteur, le symbole est moteur. Par la quête de sens plénier qu’il induit, il donne naissance, comme vous le dites dans votre article sur la dynamique intérieure d’une pensée, à un « processus vital » : il meut notre psychisme ; il réclame une participation active ; en suggérant, il appelle à emplir de soi l’espace entrouvert.
    Devant les dominos, par exemple, je peux me dire que la vie est un jeu de hasard ou un suite logique ; que chaque homme est un simple pion ou qu’il est unique comme le chiffre dont il est marqué ; que sa place dans l’ordre de succession le fait dépendre de ceux qui le précèdent, l’exonérant de toute responsabilité, ou que, sans lui, le suivant n’aurait pas été entraîné dans la chute et que peu ou prou il en est responsable… On peut même penser du premier pion « trois en bas/six en haut » qu’il a les pieds sur terre ou qu’il marche sur la tête, ou encore que le rouge le prédestine à entraîner les autres dans le sang… : tragique avertissement à toutes les têtes de liste !
    Une fidèle, qui vous remercie de ce petit exercice !
    Valentine

  2. Richard dit :

    Grivois ou symbolique ?
    L’exercice de Valentine m’a mis en verve et excité mon penchant pour la blague. Il s’agit ici, à propos de dominos, non pas de l’aimable bluette d’une chère Soeur : « Dominique, nique, nique », mais d’une chanson de carabins : « Je rencontre une minette, dominomino, dominominette ».
    La suite ou… les suites : je la monte dans ma chambrette, qui se continue par des « jupette », dont je ne soulèverai pas le voile symbolique, et autres « carpette », sur laquelle je ne m’étendrai pas.
    De la rencontre à sa conclusion, il y a là une concaténation d’une logique aussi naturelle que, pour beaucoup, irrésistible dans son enchaînement, mais dont certains savent arrêter la conséquence ultime.
    Un facétieux caché sous un domino

Laisser un commentaire