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Archive pour octobre 2008

« Le monde des médias ? Un pouvoir sournois »

Mardi 14 octobre 2008

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Il est temps, comme le suggère Thiébaud, de revenir par cette citation du roman, à notre livre, et par la même occasion d’assener une dernière vérité en dénonçant tout ensemble et l’excès de pouvoir que s’arroge indûment le monde médiatique et le mode captieux de son emprise.

Indûment, car « il ne tient sa légitimité d’aucun mandat » : la théorie de la séparation des pouvoirs n’a pas pris en compte ce 4ème pouvoir occulte. Comme une hydre aux cent têtes, on ne peut en faire tomber une sans qu’une autre ne la remplace aussitôt par cooptation. A l’instar effectivement d’une mafia, les chaînes de télévision agissent de conserve, et de concert avec la presse écrite, chacun – comme le décrit Vladimir Volkoff dans Le Montage – formant une caisse de résonance, relayée et amplifiée par la toile d’araignée du Net qui parachève son empire. L’effet en est si démultiplié qu’on a l’impression d’une vérité évidente et d’une unanimité de jugement telles que penser autrement devient outrecuidance et déraison, voire attitude réactionnaire.

Captieux et « sournois », il se donne toutes les apparences de l’objectivité et n’inspire donc pas la méfiance. La manipulation est subtile ou grossière, c’est selon. Sous couvert de sondages, on vous sert des images, des idées, des choix, des films ou des comiques, censés représenter vos goûts et votre propre demande, et nos « cinquante millions  de consommateurs » sont priés d’applaudir et de s’y reconnaître : moyennant quoi on leur en ressert puisqu’ils aiment ça ! Et tout le monde finit par croire que cela reflète le sentiment général, s’empresse d’imiter les modes de penser et d’agir ainsi répandus, et finit effectivement par les faire siens et y correspondre… librement.

La télévision et les nouveaux colporteurs

Mercredi 1 octobre 2008

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On les connaît ceux qui, scotchés à leur télé, vitupèrent, râlent et tempêtent, mais continuent de regarder ! On les surprend, quelque temps après, à écouter passivement, d’un air de dire : « Libre à toi de penser cela, tu ne me feras pas changer d’avis », car ils trouvent normal maintenant qu’on puisse soutenir des propos contraires à leurs anciennes évidences. D’ailleurs, après s’être résigné par lassitude et accoutumance à cette tolérance, il convient de se montrer poli : on se mettra donc au diapason de l’entourage, sans toutefois y croire, mais en empruntant les sujets et le langage des émissions de la veille.

A partir de là, ne réagissant plus pour ne pas détoner, nos anciens résistants passent inaperçus ; admettant qu’après tout il y a du vrai en tout, surtout si cette opinion est censée être majoritaire, ils s’habituent aux formulations codées  dans lesquelles sont coulées les nouvelles idées ; avec les mots ils adoptent, partiellement d’abord, un point de vue contraire au leur ; puis, par amalgames et associations logiques, finissent par entrer dans la vision globale.

Alors commence un travail de participation active dans lequel l’intelligence et le cœur, en entrant dans la logique des idées et dans celle des comportements induits, poursuivent de concert l’achèvement de la construction idéologique. Une fois acquis au système, on entre dans la collaboration : on en répand à son tour quelques bribes jugées acceptables par celui qui y rechigne encore ; et pour finir, en argumentant et en exerçant ses qualités de persuasion sur autrui, on se convainc et se persuade d’autant soi-même.

Il y a peu ensuite du nouveau colporteur au zélé co-missionnaire !