Archive pour juin 2008

Pluie de baisers

Lundi 30 juin 2008

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En ce début d’été, chacun guette à la télévision l’état du ciel ; mais qui est branché sur ce site constatera qu’une pluie de baisers s’est abattue sur le blog ! Ondée rafraîchissante après le passage ardu consacré au destin. Comme si l’air des vacances s’infiltrait jusque là !

Il faut convenir que la météo du cœur est aussi incertaine que celle de Dame Nature : soumis aux hautes et basses pressions de ses désirs amoureux, il se couvre au gré des jours de nuages orageux ou resplendit d’un azur serein, connaît des embellies printanières comme des désolations hivernales, brûle des ardeurs de l’été ou prend des teintes nostalgiques d’automne. Lieu de violentes perturbations autant que d’éclaircies prometteuses, le cœur est doté d’un baromètre dont vous mesurez la sensibilité aux baisers qu’il inspire.

Est-ce une préparation inconsciente à des rencontres de « hasard » que le temps des vacances facilite ? Chères lectrices, serez-vous une Helen aux baisers incitatifs ? Une Cathy pudique jusqu’aux lèvres ? Une Lisbeth  ardente qu’un baiser chavire ? Une Jennifer prudente qui ne tend ses lèvres qu’assurée d’être aimée ? Et vous, Messieurs, ressemblerez-vous à William,  délicat avec sa danseuse et un peu moins avec sa femme ? ou à George le charmeur, aimant butiner de fleur en fleur, sûr de son succès ? ou rentrerez-vous, penauds et contrits d’avoir, comme Michael, succombé bien malgré vous à l’occasion de baisers inattendus ?

Quelle importance accorder à un baiser « volé » : badinage sans conséquence ? petite indélicatesse à vite oublier ? début de trahison ? doigt dans l’engrenage ? Mais aussi quelle place tient-il au sein d’un couple : marque de joie, de gratitude, de tendresse ? compliment tacite ? jeu amoureux ? indicateur du désir ? Je compte sur vous tous pour nous livrer votre pensée, comme toujours appuyée sur des citations du roman, lieu de convergence pour chacun. Je vous souhaite de bonnes vacances, nourries de lectures passionnantes, et vous envoie de « Bons baisers de »… Southland !

La carte du Tendre en kiosque : Baiser dans le cou, ça rend fou. Baiser sur les lèvres nous donne des fièvres. Très silencieux, ils sont amoureux. Tout près de la joue, c’est l’Amour qui joue. Deux lèvres unies, extases infinies.

La ligne du destin

Dimanche 1 juin 2008

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La lecture d’un roman policier donne souvent l’impression d’un engrenage par lequel, inopinément, nous serions happés et dont nous serions plutôt donc les victimes, jouets impuissants d’un Destin inflexible. Notre vie ressemblerait à un roman qui s’écrit tout seul, sans nous ou presque, dont le cours serait même tracé sur notre paume. Est-ce bien sûr ? N’est-elle pas plutôt la résultante de choix, plus ou moins délibérés, dont nous ne percevons qu’après coup la chaîne des conséquences ? J’en veux pour témoin à mon tour le destin tragique d’une femme « ordinaire » : Cathy.

Lorsque, en ouverture du roman, Cathy voit s’écrouler sous ses yeux l’homme qu’elle a attiré chez elle par jeu, il est dit qu’elle eut le pressentiment « qu’elle s’était jetée dans un drame dont elle ne sortirait pas indemne ». Elle est donc bien consciente de s’être engagée d’elle-même, librement, dans une affaire dont elle entrevoit, après coup seulement, qu’elle aura de graves conséquences, inévitables autant qu’imprévisibles, sans qu’elle soit capable d’en mesurer ni la nature ni l’ampleur.

Quand un deuxième malheur l’atteindra par ricochet, elle aura cette réflexion qui confirmera ses craintes : « Elle l’avait bien pressenti que ce coup de feu avait été comme le premier coup annonçant le drame que le Destin leur ferait jouer ». Vous aurez remarqué le passage au pluriel des personnages impliqués par contamination dans la série des retombées. 

Le troisième coup du sort, qui sera fatal comme dans toute tragédie, la verra s’offrir « comme un agneau prêt au sacrifice, résignée d’avance ». Comme si tout était écrit.

Pouvait-elle raisonnablement prévoir la tournure que prendraient les événements ? Impossible, tant ils furent hors de proportion. Ce n’était qu’un jeu ! Mais s’il avait réussi, il aurait entraîné d’autres conséquences, non moins certaines et peut-être tout aussi dramatiques : scandale politique, divorce, suicide, vengeance… tout est imaginable – heureusement pour l’écrivain ! – en fonction des interconnexions. Dépassée, Cathy,  par les événements ? Certes – qui ne le serait pas ? – mais ne l’a-t-elle pas cherché ?