Archive pour mai 2008

Ecran plasma

Dimanche 18 mai 2008

cranplasma.jpg 

Vous le savez, le plasma a partie liée avec notre sang : entre autres rôles, il maintient la pression oncotique des vaisseaux, transporte des molécules, participe à la défense immunitaire et agit comme facteur de la coagulation.

Jour après jour, nous sommes comme imbibés de paroles vides, de préjugés, d’une sagesse réduite et altérée ; une multitude de fausses vérités ou de mensonges s’infiltrent sans cesse dans notre être intérieur. Prenons donc garde que les doses déversées par la télé plasma et ingérées quotidiennement ne se mêlent si intimement à notre être qu’on pourrait paraphraser : ce n’est plus moi qui vis, qui pense, qui choisis, mais la télé en moi.

Combien en effet sont-ils dépendants d’elle pour maintenir en eux une certaine pression osmotique, sans laquelle ils sont en manque ? Combien sont-ils conscients de ces molécules qu’insidieusement elle nous inocule et qui sont transportées au plus intime de nos façons de penser, de sentir, et même d’aimer ? Il finit par se créer au plus profond de notre inconscient une défense immunitaire qui réagit contre tout ce qui ne va pas dans ce sens, au point que la langue s’autocensure, s’interdisant certains mots, n’osant même plus arguer de la nature des choses et de ses lois. Qu’une « vérité » étrangère au système ne soit émise et provoque en nous une lésion, et c’est la cascade enzymatique : tous les facteurs s’activent les uns après les autres pour stopper l’hémorragie : ainsi nos vieux principes appauvris, mais suffisamment pathogènes au yeux du monde pour constituer une menace, se font-ils phagocyter par toute une réaction en chaîne.

De quel amour blessée, vous mourûtes…

Mardi 13 mai 2008

arthespan.jpg      arianesanantonio.jpg

Aimer et mourir : deux syllabes toutes simples où sont enfermées les deux parts, aussi essentielles qu’indicibles, de notre condition humaine, l’une qui dure toute une vie, l’autre un bref instant. Or au moment de notre mort, nous serons jugés sur l’amour : non seulement sur son intensité, mais aussi sur sa véracité car – vos commentaires l’ont souligné – il peut être droit ou dévoyé, susciter de bonnes ou de mauvaises actions, illuminer une vie ou lui faire subir d’insupportables tourments. 

Si même la banquise se met à fondre, on peut espérer que, au contact de l’amour véridique, les cœurs pétrifiés eux-mêmes se remettront à battre. Comme le feu agit sur le fer, ainsi agit-il sur les cœurs souillés, froids et endurcis : sous son action, le cœur s’échauffe, se liquéfie, perd peu à peu sa noirceur, son indifférence, son insensibilité, et se transforme tout à la ressemblance du feu qui l’embrase. 

C’est là le drame car l’amour perverti est capable des mêmes effets : le feu de la passion transforme également le cœur à sa ressemblance, réduisant en cendres pureté, fidélité, générosité, le rendant égoïste, violent et malsain. Il devient une force délétère qui empoisonne, qui conduit à la déchéance, et finit par entraîner son esclave enchaîné sur un chemin de mort. 

Le critère de distinction est simple : on juge l’arbre à ses fruits.