A propos de miroir *

11-19-2007


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 Les miroirs  écrit Miguel Asturias –  sont comme la conscience. On s’y voit comme on est, et comme on n’est pas. Cet extrait de conte (comptes !) s’en veut l’illustration. Il s’intitule : Le miroir à deux faces. 

… « Miroir, mon beau miroir, demanda ce soir-là une belle que sa conscience inquiétait, dis-moi vraiment qui je suis ! 

 Et le miroir, plein de vérité, répondit à la femme : 

 – En toi calculs, mensonges et perfidie se mêlent savamment à tes minauderies, à tes agaceries et autres airs innocents. Aguicheuse, coquette, faussement candide, tu fais l’offusquée dès qu’on évoque devant toi les réalités de la chair ; mais sitôt qu’on les dédaigne, tu les réclames et prends l’initiative ! Ton intelligence se confond avec la rouerie ; ton intuition n’a d’égale que ton aveuglement ; ta tendresse est égocentrisme. Avec toi la vérité est suspecte, d’autant que sur tes lèvres les mots jamais n’ont le même sens ; ta duplicité se pare des apparences de la plus grande sincérité ; tu excelles dans l’art du subterfuge, des pirouettes et des faux-fuyants. Ton art de te vêtir, de te parfumer, de te mettre nue, est toujours empreint d’artifices ; ton habileté à entortiller tes soupirants relève de celle du… rétiaire ; ton amour devient vite droit de possession, prétexte à emportements et occasion permanente de scènes. Enfin, pour enjôler les hommes et les pousser aux pires bassesses, tu es diablement experte, mais, complice avec tes comparses, tu te révèles la plus dangereuse des « meilleures amies ». 

Ce qui renvoie, comme par enchantement !, à l’Epilogue de mon roman : au dernier mot de la fin.   

Gladiator (qui voit déjà le pouce de mes lectrices tourné vers le bas !) 

* en réponse au rétiaire. 

2 Réponses à “A propos de miroir *”

  1. Pierre dit :

    Je découvre, ce matin (au bureau !), la morale du miroir à deux faces : demain, en me rasant, j’y ferai plus attention. Là, devant mon écran, je me dis qu’il fait aussi office de miroir. Alors, ça se passe comme ça partout, sur la rétine et jusque dans la tête ?
    “Réfléchissez !” disait mon prof.
    Le philosophe

  2. Sophie dit :

    Il est dit, à propos de Lisbeth, que « son miroir était son médiateur par excellence : un médiateur docile entre son univers intérieur et le monde ». Je trouve cette réflexion très juste, car j’ai trouvé réconfort, plus d’une fois, dans l’image qu’il me renvoyait ; mais je dois avouer que c’était du temps de ma jeune maturité. Aujourd’hui il peine à donner à mon visage « le lissé et la plasticité » que je lui souhaiterais ! S’il fut un temps où il m’a offert « l’illusion rassurante que les choses sont ce qu’on les veut », l’âge est arrivé où « les tristes réalités de l’existence » m’ont rattrapée.
    Cruel miroir devenu ! Sans pitié pour la moindre imperfection, il me contraint au contraire à la lucidité : plus d’illusion possible. Je dois me contenter des compliments masculins que je soupçonne désormais de pure forme : les hommes galants sont des miroirs complaisants. Dans cette passe critique, deux choses me rassurent : le regard aimant et attendri de mon mari, et la conviction que, quand la beauté se fane, reste le charme.
    Sophie

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